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Sapa c'est (vraiment) sympa

· Voyager au Vietnam

Puisque Sapa c’est sympa, on y retourne.

Il nous faut du frais, du vert, de la montagne à grimper et des courbatures dans les mollets !!

Trajet en car

Cette fois-ci : aller et retour en car. Départ 6h, arrivée 12h30, Retour à 16h, arrivée 22h à Hanoi (merci Sapa Express !). Quelques films dans l’ordinateur pour faire passer le temps, Sapa nous voilà !

Le Sapa Paradise View, l'hôtel aux propriétaires les plus gentils de tout le Vietnam

Cette fois-ci nous changeons d’hôtel. Le Sapa Paradise View a une vue sublime sur les montagnes, mais la chambre a un style …comment dire… pas à notre goût !! Nous faisons disparaitre dans le placard les fleurs en plastique et les coussins poilus, les mugs fleuris et autres fanfreluches à pampilles.

Tout d’un coup, nous sommes dans un nid d’aigle, ambiance chalet, avec une vue à 180 degrés sur les montagnes et zero vis-à-vis sur des centaines de km.

Le rêve.

Au-delà de la vue, l’hôtel nous surprend par la gentillesse et la générosité de ses propriétaires : carte lisible des environs, recommandation pour un scooter de qualité, corbeille de fruits et vin de Dalat dans notre chambre, smoothie à la banane et gâteau à l’œuf pour le goûter, double petit-déjeuner pour Monsieur, sandwich pour le retour en car… les attentions n’en finissent plus !

Direction la Cascade de l'Amour

Après avoir loué un scooter un peu (beaucoup) moins asthmatique que la dernière fois, nous retrouvons Pai, notre guide. Cette fois-ci, elle n’est pas en tenue Hmong mais en pantalon de soie noire et k-way étudiant bleu avec un chevron blanc.

A trois sur le scooter, nous partons vers la Cascade de l’Amour (Thac Tinh Yeû). C’est un de ces sites protégés, comme le village de Cat Cat, où il faut payer pour entrer dans la zone, puis suivre le chemin balisé avec la foule des autres visiteurs. C’est une sorte de parc d’attraction mais en forêt, une « forêt d’attraction » !

AUjourdh'ui est un jour férié et de nombreux vietnamiens et vietnamiennes ont eu la même envie de vert et d'air pur.. En talons haut et robe droite (ambiance mad men), les Vietnamiennes m’impressionnent. Le chemin est pavé de grosses pierres rondes, il monte et descends, les marches sont inégales, bref, c’est tout sauf un trottoir parisien ! Celles qui sont sur le trajet du retour semblent tout de même souffrir un peu des pieds…. mais en silence et la tête haute. Quand on est vietnamienne, on ne perd pas la face, même en forêt, surtout en talons aiguilles!

Nous longeons une rivière ombragée, passons sous mille espèces d’arbres inconnues. Leurs feuillages forment un camaïeu de verts éclaboussé de soleil. Les fougères vert tendre me rappelle la Bretagne. Pai me fait découvrir les cardamoniers à l’odeur enivrante. C’est le paradis…. Quand on fait abstraction de la foule de touristes. A la queue-leu-leu, nous escaladons un rocher pour découvrir la cascade du haut d'un rocher qui la surplombe.

Le décor est magnifique. La cascade est grande, belle, verte, on dirait un décor de pub pour Ushuaia. Tout le monde se photographie devant et certains se baignent dedans (l’eau est apparemment fraîche, très fraîche).

A notre arrivée, des familles et des amoureux veulent se faire photographier devant la cascade avec nous. Apparemment, le mieux c’est quand je prends les petits dans les bras : les mères sont ravies, les petits plus dubitatifs à l’idée de poser avec la grande Tay (occidentale) que je suis.

Messe vietnamienne

De retour dans Sapa, on passe devant l’église. C’est l’heure de la messe. La messe au Vietnam est un voyage à elle toute seule. L’église est bondée : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Ceux qui se trompent sont promptement priés de se tenir du bon côté de l’allée. Tout le monde est sur son 31 : les hommes sont en chemises, les femmes sont en talons et brushing, ou en tenue traditionnelle : surtout Hmong ou Dao Rouge. J’observe une femme Hmong attacher un petit enfant dans son dos : l’enfant s’agrippe à elle et s’endort immédiatement, sa mère l’entortille dans un tablier puis le recouvre d’une couverture avant de sortir. L’assemblée chante de bon cœur, des écrans affichent le texte des chants, et je mêle ma voix à celles des autres. Une jeune lectrice psalmodie les lectures du jour… magie de ce vietnamien chantant. Toute l’assemblée s’agenouille dans un silence recueilli lors de la consécration eucharistique. Je me demande quelle est la vie de ces chrétiens : minorités du nord ; croyants d’une religion mal vue politiquement, quelle est leur foi ? Vont-ils à la messe par tradition familiale ? Est-ce (aussi ?) un manifeste politique ? Une conviction du cœur ? Quelle est la vie spirituelle de ces gens qui n’extériorisent pas ou peu leurs émotions (impératif essentiel de garder la face !) et dont les conditions de vie sont loin d’être confortable pour les plus pauvres ? Qui est « Iesu Kito » pour eux ? La messe se termine par un chant marial : la statue de la Vierge de Lourdes, à gauche de l’autel, est d’un coup éclairée de néons lumineux, rose et bleu, et dans la mélopée j’entends des « Maria… maria… ». Tout est différent, et pourtant, dans cette messe du bout du monde, on peut retrouver la même foi, la même dévotion, le même essentiel qu’en France. C’est donc cela l’Eglise universelle.

Village de Ta Phin

Le lendemain, direction le village de Ta Phin, sans Pai cette fois-ci. La route est raide et caillouteuse, le scooter nous enchaîne vaillamment les virages. A une intersection, une flopée de femmes en tenue Dao nous arrête pour faire la suite du chemin à pied avec nous. Nous voilà partis, environnés d’une nuée jacassante de femmes qui nous demandent avec leurs quelques mots d’anglais : « later, you buy to me, later you buy to me, please, please, to me, you buy to me.» Cela fend le cœur mais on ne peut pas acheter un colifichet à chacune d’entre elles ! Nous les faisons patienter avec un « maybe later » et fuyons à grandes enjambées sur un chemin de montagne. Nous sommes venus pour le silence, le voilà enfin !

Nous marchons d’un bon pas le sentier qui grimpe. Autour de nous, rien, juste la montagne et ses rizières vertes, et parfois quelques champs de maïs. Nous ne savons pas trop où nous allons, Google Map est perdu, peu importe, il suffit d’aller tout droit, puis de faire demi-tour suffisamment tôt pour rentrer à l’heure. Nous croisons deux buffles, surpris de nous trouver là. Nous marchons en silence. Un bambou me sert d’appui. Le soleil cogne. La montagne est belle, silencieuse, verte. Le chemin nous emmène plus haut, toujours un peu plus haut… jusqu’à un portail. Ah, nous arrivons chez quelqu’un, on ne va peut-être pas entrer.

Pause. Adossés au portail, nous profitons du paysage. Cette immensité silencieuse, au vert bienfaisant, nous régénère. Nous sommes prêts à redescendre vers le monde bruyant et pollué.

Au retour, je conduis le scooter, enfin j’essaie. Le démarrage est toujours vacillant, surtout avec mon cher et tendre derrière. Croiser un camion me terrifie, croiser un buffle me fait à peine moins peur. La pente descend fortement. Heureusement c’est un scooter manuel, je reste prudemment en seconde en évitant les pierres, les cailloux, les nids-de-poules et les poules elles-mêmes.

Baguette et Chocolat

De retour à Sapa, nous nous arrêtons pour déjeuner chez Baguette et Chocolat, un café-boulangerie-restaurant-hôtel (la diversification des activités est la base de l’économie vietnamienne !) réputé pour ses pâtisseries à la française. Au soleil (supportable), avec un petit vent frais, c’est beau, c’est bon et on est bien. Ce café appartient à Hoa Sua, une ONG qui aide les jeunes des minorités de Sapa en leur dispensant des formations dans le tourisme ou l’hôtellerie. Apparemment c’est un de ces jeunes qui nous sert.

Pour les standards occidentaux, on trouvera toujours à redire sur le temps de service, l’adéquation du plat servi à la commande et la nécessité probable de devoir se lever pour aller chercher une cuillère, une serviette ou autre…. Mais quand on connait le Vietnam, il n’y a rien que de très naturel de devoir s’assurer qu’on s’est bien fait comprendre du serveur (qui ne dira pas qu’il n’a pas compris) et préciser qu’on souhaite un plat …. et les couverts qui vont avec.

Il parait qu’il y a un autre Baguette & Chocolat dans l’enceinte du musée d’Ethnographie d’Hanoi, il faudra que j’aille voir.

Les marchés de Sapa

Puis nous partons faire un dernier tour sur les marchés de Sapa. Le nouveau marché est une grande halle moderne sans intérêt, avec des horreurs touristiques. Les ruelles proposent des petites choses plus amusantes. En réalité je rêve d'une de ces nappes traditionnelles dans un bel indigo et surchargée de broderies multicolores. Mais pas pour cette fois, peut être plus tard.

 

Enfin, le check-out de l’hôtel … qui nous surprend agréblement donc en nous offrant des sandwiches qu’ils nous ont préparés pour le retour en car.

Retour en car sans incident notable, autre que notre voisine de car qui fut malade tout le trajet... Mais à la vietnamienne : sans perdre la face, sans bruit, discrètement. Parfois (souvent), je les admire vraiment !

Puis nous partons faire un dernier tour sur les marchés de Sapa. Le nouveau marché est une grande halle moderne sans intérêt, avec des horreurs touristiques. Les ruelles proposent des petites choses plus amusantes. En réalité je rêve d'une de ces nappes traditionnelles dans un bel indigo et surchargée de broderies multicolores. Mais pas pour cette fois, peut être plus tard.

Tam Bièt Sapa, A bientôt !

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